Notre sortie du samedi 01 juin 2013, en covoiturage, nous a conduit cette année dans le quartier historique de la ville de TROYES. La matinée a été consacrée au centre de la ville, une promenade insolite et ludique. Nous avons pris le repas au restaurant « Le Bistroquet» dans un décor des bistrots parisiens d’autrefois.

Ancienne ville de la bonneterie, Troyes possède un patrimoine industriel très riche et très bien mis en valeur par les nombreuses restaurations et réhabilitations. Le développement de la bonneterie a entraîné l’essor de Troyes pendant la seconde partie du XIXème siècle et au cours des années suivantes.
Les usines se construisirent par agrandissements successifs au fur et à mesure de la croissance des entreprises, souvent autour d’une cellule mère centrale.
Elles durent obéir à deux impératifs de proximité : l’eau et les voies ferrées. Faute de pouvoir s’installer dans la vieille ville, à l’habitat trop compact, elles se sont implantées, de 1870 à 1910,au-delà des anciens fossés. Elles s’édifièrent sur les terrains libres des faubourgs.

HÔTEL DE VILLE

En 1482, le roi Louis XII accepte de confier la gestion de la ville de Troyes à un maire, assisté d’échevins. Ces fonctions sont assurées par des magistrats ou des marchands, le plus souvent bénévoles. Le premier maire de Troyes est Edmond Le Boucherat.

En 1494, le Conseil de ville achète l’hôtel de Mesgrigny, grande bâtisse du XVe s, et au XVIIe s. décide de se faire bâtir un nouvel Hôtel de Ville. Louis XIII autorise pour ce faire l’affectation d’une part minime des recettes des taxes sur le vin et le sel. L’édifice se construit donc peu à peu et n’est achevé que vers 1672. Deux ailes sont ajoutées à l’arrière en 1933 et 1937 par l’architecte F. Balley.

 
RUELLE DES CHATS ET COUR DU MORTIER D’OR

Rue Maillard au XVe s, ses habitants prennent vite l’habitude de l’appeler « ruelle des Chats », devenu son nom officiel : «les toits, à force de se contempler depuis des siècles, ont été pris de tendresse réciproque… Les chats peuvent passer d’un grenier à l’autre sans risquer de faire un faux pas. »

Pavée à l’ancienne, comme l’étaient les rues de Troyes dès le XIIIe s, la ruelle des chats a une rigole centrale selon l’usage d’alors : les privilégiés « tenaient le haut du pavé » pour ne pas se salir. Sombre mais charmante, elle mène vers la très jolie cour du Mortier d’Or, qui vous permettra de voir l’arrière des maisons à pans de bois, avec leurs belles galeries coursives. Les abouts de poutre sont sculptés de sujets d’inspiration souvent guerrière. L’ensemble est restauré en 1981 par les Compagnons du Devoir.

HALTE REPAS DU MIDI

Le restaurant choisi “le Bistroquet” vient de se voir décerner par l’Association Amicale des Amateurs d’Andouillette Authentique (AAAAA) le Diplôme d’andouillette 5 A pour sa ténacité à fabriquer maison son andouillette depuis 20 ans.

ÉGLISE SAINTE-MADELEINE

De toutes les églises que l’on peut admirer à Troyes, Sainte-Madeleine est peut-être la plus ancienne et certainement l’une des plus belles. On en trouve mention en 1157 : son édification remonterait à 1120, mais elle est reconstruite vers 1200 dans le style gothique qui vient d’apparaître en France.

Son abside et son chœur sont encore rénovés vers 1500, dans le gothique flamboyant de l’époque. Sa tour carrée de style Renaissance daterait de 1525, comme le portail richement sculpté de l’ancien cimetière situé à droite de l’entrée (aujourd’hui Jardin des Innocents). Le portail principal de l’église est refait au XVIIe s. et la nef restaurée au XIXème siècle.

Sainte-Madeleine est remarquable par son célèbre jubé et les vitraux de son chevet, chefs-d’œuvre d’une finesse exceptionnelle que le visiteur admire à portée des yeux.
Seuls quelques édifices religieux en France ont conservé un jubé, tribune en pierre élevée entre la nef et le chœur pour porter une chorale et/ou des officiants s’adressant aux fidèles.
Vers 1503, le clergé de Sainte-Madeleine fait appel aux artisans de la région pour remplacer le vieux jubé de bois. Au même moment, le chapitre de la cathédrale de Troyes cherche un architecte pour construire son portail.

Jean Gailde, qui a collaboré à l’édification du chœur de Sainte-Madeleine, se voit refuser son projet pour la cathédrale, mais est choisi ici. On dit qu’il a voulu venger son éviction par les chanoines en se surpassant pour créer la dentelle de pierre qu’on peut découvrir aujourd’hui. À la fois concepteur et sculpteur, il est enterré sous son chef-d’œuvre.

A l’origine, le jubé était polychrome ; il est blanchi comme tous les murs de l’église au XVIIIe s. Le chœur de l’église offre de superbes exemples de vitraux de l’École troyenne au début de la Renaissance, caractérisés par un dessin appuyé, des coloris éclatants et un grand raffinement technique. Voyez le bel Arbre de Jessé (début XVIe s.),
La Genèse, ou Les perles de saint Éloi, montrant le travail d’un atelier d’orfèvre, vitrail réalisé en 1506 par Nicolas Cordonnier pour cette corporation.

MAISON DE L’OUTIL ET DE LA PENSÉE OUVRIÈRE (non visitée)

Après l’incendie de 1524, Jean Mauroy, contrôleur des aides et tailles du Royaume, fait reconstruire l’ancien hôtel de l’Aigle et l’occupe avec sa femme Loyse de Pleurre. Il prend alors le nom d’hôtel de Mauroy. A leur mort, ils lèguent leurs biens pour fonder un orphelinat (1582) dirigé par les Frères de la Trinité, à la condition suivante : que les orphelins puissent y apprendre un métier.

En 1746, l’hospice reçoit les premiers métiers à tisser mécaniques et devient la plus grande manufacture de métiers à bas de la ville. C’est véritablement le berceau de la bonneterie troyenne. En 1789, il devient une caserne, puis une filature et sera le premier Monument historique classé du département de l’Aube.

De 1920 à 1962, il abrite une imprimerie, puis est racheté par la Ville de Troyes en 1966 et confié pour restauration à l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir du Tour de France.
Dès cette époque, y sont conservées les collections d’outils, livres et de témoignages cédés par le Révérend Paul Feller, jésuite, pédagogue rénovateur des méthodes d’apprentissage (1913-1979). Inaugurée en 1974, la Maison de l’Outil et de la Pensée ouvrière, nommée selon les vœux de P. Feller, expose dans ce superbe écrin de l’hôtel de Mauroy une incroyable collection de plus de 10 000 objets et outils utilisés dans les métiers traditionnels. Le musée présente leur usage et leur symbolique, merveilles de pierre, bois, fer, verre, conçues et façonnées par des créateurs et des artisans de grand savoir.

L’ambition du musée est de contribuer au dialogue entre l’homme et la matière, entre manuels et non-manuels, entre la pensée et l’outil. Usés, gravés, personnalisés, transformés, ces outils restent animés à jamais du souvenir de leurs compagnons ouvriers. C’est une ode au travail manuel et à la création.
La Centre de ressources compte plus de 33 000 livres et magazines d’une précieuse littérature ouvrière et technique

CATHÉDRALE SAINT-PIERRE SAINT-PAUL (XIIIe – XVIIe)

C’est probablement l’évêque saint Loup qui fait édifier au Vème siècle une première cathédrale ici même, dans l’angle sud-est du castrum (citée fortifiée). Elle est cependant presque totalement détruite en 890 quand les Normands incendient Troyes. À la fin du Xe s. après une longue période de troubles, Milon, 44e évêque de Troyes, fait relever l’édifice dans le style roman.
Mais un nouvel incendie ravage une grande partie de la cité en 1188 et cette deuxième cathédrale (située à l’emplacement de l’actuelle) est gravement endommagée.

Une ère de ferveur chrétienne et d’innovations techniques lance l’art gothique ou art ogival en France au XIIe s. : à partir de 1198, les évêques Garnier de Trainel, puis Hervée (représentés sur un vitrail du XIIe s., dans le chœur), entreprennent de construire l’une des plus grandes et des plus belles cathédrales de France, en commençant par les chapelles du chevet, sur l’emplacement des anciens remparts gallo-romains. Le transept est construit en 1260 et les premières travées de la nef à partir de 1310, mais la Guerre de Cent Ans (1337-1453) interrompt les travaux.
Au XVIe s., les ultimes travées sont construites sur le site de l’ancienne église. La façade ouest, chef d’œuvre de Martin Chambiges, maître maçon parisien, est achevée en 1554 avec la base de la tour Saint-Pierre (celle-ci ne sera terminée qu’en 1634). Durant leur édification, huit logettes sont accolées à l’édifice, à l’usage des ouvriers et tailleurs de pierre. Elles sont remplacées au XIXe s. par des étals où l’on vendait du pain.

La tour Saint-Paul, elle, ne sera jamais élevée en raison d’une crise de la foi et d’un manque de financement.

Erigée en plus de 400 ans, la cathédrale illustre les étapes du style gothique, rayonnant et flamboyant, mais l’ensemble est très homogène et admirable tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. De 114 m de long et 28,50 m d’élévation, c’est l’une des plus célèbres de France pour son élégance, la qualité de ses sculptures, de ses œuvres peintes, de ses tapisseries et tout particulièrement de ses vitraux classés (1 500 m2).

Dans le chœur, des vitraux du XIIIe s. représentent entre autres Marie, saint Jean, divers épisodes de la Bible et des personnages du Moyen Âge, dans la nef, on peut remarquer l’Arbre de Jessé (± 1500), et dans le bas côté nord de la nef, le Pressoir Mystique (1625) de Linard Gonthier, célèbre maître verrier troyen (1565-1642). Les stalles du chœur, en bois sculpté (XVIIe s.) proviennent de l’abbaye de Clairvaux, ainsi que les célèbres grandes orgues (XVIIIe s.).

La cathédrale conserve un remarquable trésor, constitué à partir de 1204 (pillage de Constantinople par les Croisés), qui inclut un ensemble exceptionnel de châsses (dont celle du chef de saint Bernard de Clairvaux, restaurée par Viollet le Duc), de reliques, d’émaux (reliquaire de saint Loup, XVIe s.) et autres pièces d’orfèvrerie, dont un coffret byzantin en ivoire pourpré (XIe s.) et les aumônières des comtes de Champagne (XIIIe – XIVe s.).

C’est dans cette cathédrale qu’est juré en 1420 le «Honteux Traité de Troyes» qui donne la couronne de France à Henri V d’Angleterre. Le 10 juillet 1429, dans ce même lieu, Jeanne d’Arc obtient l’allégeance de la ville au jeune Charles VII pour « bouter les Anglais hors de France », comme le signale une plaque au bas de la tour.

De cette même tour s’est envolé en 1536 Denis Bolori, horloger troyen d’origine italienne qui avait mis au point des ailes articulées grâce auxquelles il s’est maintenu dans les airs plusieurs minutes, avant de s’écraser à 1 km vers l’est, à Saint-Parres-aux-Tertres. Un pionnier méconnu de l’aéronautique !

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